J'ai vu le soleil

Poème et projet de film d’animation

J’ai vu le soleil

Licence Art Libre Écrits | février 2012

Le Poème

Le grincement de la balançoire. Le son strident d’un métal érodé gémissant de douleur sous le poids des rires. L’odeur du sable sale et humide. La douceur glacée de la nacelle contre mes jambes nues. La poussière dans mes cheveux. Ma main qui sentait la rouille. La sensation de beauté absolue lorsque la balancelle atteint son apogée ; un instant éternel avant le retour sur terre.

Alors que le monde tournait encore, comme un boulet de canon en plein chœur ; j’ai vu le soleil. Les dernières pluies coulaient alors, comme un supplice perdu dans la neige ; j’ai vu le soleil. C’était une cité sans fin ni frontière. Un monde sans habitant. Un soleil brûlant et mort. J’ai poussé la porte, la première devant moi, et j’ai vu la mer. Les autres riaient encore. J’ai vu la mer se jeter de faim, engloutir la plage dans ses moindres recoins. Le sable blanc, brûler mes pieds. Le ciel acide caresser mes joues. Mes mains comme des sirènes assoiffées. Mes genoux en sang de me voir pleurer.

La porte était ouverte, je voulais regarder. La porte était fermée. La cité sous la nuit. Il y avait une autre porte. Un étrange bâtiment marbré. J’ai poussé la porte pour mieux respirer. J’ai vu le soleil. Il était gris bleu et il était rayé. Le carrelage était froid. La musique toute morcelée. Les adultes parlaient. Les verres chantaient. Le feu dansait, de son goût fumé. Le feu pleurait de me voir marcher.

Avec le vent, la porte a claqué. La nuit s’était levée ; la cité était dorée. Je me souviens de toi, avait murmuré une voix. Je me souviens de toi. Je me souviens. Je m’étais retourné, la voix s’en était allée.

Dans un couloir étroit, un bateau avait échoué. Je poussais l’écoutille pour aller nager. L’eau était noir sang. La baignoire débordait doucement. Un néon jaune et bleu scintillait. J’ai vu le soleil mais il s’est éclipsé. Je me souviens du bateau en papier qui avait coulé. L’odeur humide de l’encre me mentait. J’étais un avion et je tombais.

De la cité, il ne restait plus que l’entrée. Une petite porte, marquée sortie. Le soleil a disparu. Derrière la porte, il ne reste que la nuit. Derrière la porte...

Projet de film d’animation

Plus d’information : http://entropy.tuxfamily.org/wiki/Cat%C3%A9gorie:JvlS

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