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Voila une discussion que j’ai assez fréquemment, essentiellement avec mes amis parisiens, envers leur rapport aux sites web et à la publicité qu’ils véhiculent... Pourquoi devient-elle non seulement tolérée mais défendu, et n’est-il pas grand temps de revenir à une logique de survie, au dépend d’une logique de production de masse ?

Tolérence à la Publicité

Domaine Public Actualité > Blog | décembre 2007

Voila une discussion que j’ai assez fréquemment, essentiellement avec mes amis parisiens, envers leur rapport aux sites web et à la publicité qu’ils véhiculent... Pourquoi devient-elle non seulement tolérée mais défendu, et n’est-il pas grand temps de revenir à une logique de survie, au dépend d’une logique de production de masse ?

Encore récemment, j’en parlais avec une amie, lui disant que MySpace et un service de merde, sur lequel le son était simplement globalement mauvais, le site en lui même immonde et la publicité omniprésente. Même si c’est un propos que j’ai beaucoup - celui de la présence de la publicité sur différents sites -il s’agit d’un argument n’ayant étrangement aucune porté.

On se souvient peut-être de combien j’ai gueulé contre l’avenement de la publicité sur la plateforme de diffusion de musique libre Jamendo, et sur le ô combien pitoyable retour de mon action militante.

C’est vrai quoi ! Pourquoi s’en prendre à la publicité ? La pauvre, elle ne t’a rien fait... elle est juste là, posée, pour permettre aux gens de pouvoir manger, et te permettre à toi d’avoir bénificier d’un service gratuit.

Ma question est donc simple, quel est le prix à payer ? Si grand défenseur de la gratuité puisè-je être, autant j’ai notion que gratuité et loi du marché ne sont pas du tout des philosophies compatible !

La question, est qu’offrons-nous en échange pour ces services soit-disant gratuit, comme Facebook, Google, Jamendo ou myspace ? La réponse est assez simple : nous offrons du temps cerveaux. Peu importe si vous êtes "habitué" à la publicité, la seule chose que ça signifie, c’est qu’elle va directement dans votre inconscient au lieu de passer par votre conscient, et y fait ce qu’elle a à y faire bien tranquillement sans être dérangé par votre raison.

Beaucoup de gens me disent "mais non, la pub c’est pas si grave"... je me demande qd même très sérieusement quand est-ce que ça deviendra grave ?! J’étais à Paris il n’y a pas si longtemps, et comme tout bon Parisien, j’ai pris le métro... Dans le métro, c’est l’appogée ! La publicité est partout - comptez en moyenne une trentaine de contact visuels direct sur un petit trajet (deux stations) - et elle est en force ! La tolérence vis à vis de cette communication rampante m’apparait d’autant plus abérante que vous - je m’adresse aux parisiens là - payez votre ticket de métro un prix relativement élevé pour utiliser ce service fourni par la RATP qu’est le transport en commun sous-terrain. Alors pourquoi torlerer la Pub ? Personnellement, si j’allais au cinéma, payait ma place pour aller voir le film - qu’est le service qu’offre le cinéma après tout - je ne resterais pas tout zen si toutes les 50 secondes apparaissait à l’écran une page de pub !

Du même ordre, si un mec s’invitait chez moi toutes les 40 ou 50 secondes, pour essayer de me dire que j’ai pris du poid, que j’ai mauvaise halleine ou qu’il serait temps d’envisager un truc contre la chutte de mes cheveux, j’aurais vite fait de le foutre à la porte avec un gentil coup de genou bien placé dans les bijoux de famille et de verouiller ma porte à cet enfant du démon ! Que le fait que cela soit seulement une agression visuelle enlève-t-il au caractère intolérable d’une telle agression ?

Mon cerveau n’est pas construit ni entretenu pour être la proie de coca-cola, Disneyland Paris ou Carrefour. Après m’être débarasser de mon téléviseur et de ma radio, que me reste-t-il de liberté si je ne peux plus me déplacer sans subir la pollution visuelle engendré par ces encards et autres google-ads ? Pourquoi suis-je le seul à m’en offusquer ?

La tolérance à ce sujet me parrait démesurément déplacée, et la justification par la gratuité du service tout à fait inadmissible. A mon sens, s’il y a publicité, on ne peut pas dire que le service est gratuit, vous ne payer juste pas un prix pécunier, mais le prix, individuel et collectif, en utilisant ces services, vous le payez. Parce que je ne suis pas en permanance noyé dedans, je peux vous dire ce que ça fait d’être plonger dans la publicité. Ce sentiment permanant d’oppression, d’insatisfaction, de pas savoir ce qu’on veut, ni pourquoi on veut toutes ces choses qu’on a pas - et cela ne se limite pas au matériel, l’impact se diffuse bien entendu à toute votre psyché.

Ce qui est pire de mon point de vue, c’est que l’on s’habitue à ce niveau d’oppression, et qu’on fini bientôt par ne "même plus s’en rendre compte" ce qui laisse présager du nombre de chose que nous finissons par filtrer dans notre environnement quotidien...

En ce qui concerne la manière de gerer la gratuité, je ferais ça probablement dans un autre billet, mais il y a long à dire et peu à parier que faire du gratuit en utilisant la publicité comme support financier est pas loin d’être le plus mauvais moyen ethique, philosophique et moral de faire du gratuit ^_^


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